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Grâce à une législation tolérante, cette organisation est pleinement à son aise dans le pays. "Ce n'est pas compliqué d'obtenir le statut d'Eglise, ici", explique Judit Németh, conseillère auprès du département des questions religieuses au sein du ministère de la Culture magyar. "Les communautés qui sont venues ici après la chute du régime communiste ont bénéficié d'une très grande liberté. Naturellement, beaucoup ont rapidement pensé à fonder leur propre mouvement", poursuit-elle. Car en Hongrie, cent membres et une idéologie sont les seuls critères pour instituer une communauté religieuse légale. Une facilité justifiant la multiplication des Eglises et missions dans le pays.
Mais "Jeunesse en mission n'est pas une Eglise", soutient Martin Axelsson, un familier de cette organisation. Ce Suédois de 25 ans fait lui-même partie de la secte depuis bientôt quatre ans. Au début, il suivait l'un des ateliers payants, obligatoires pour les initiés. Trois mois durant, il a vécu avec d'autres jeunes dans une maison qu'ils louaient. Tous les matins, ils assistaient à des leçons sur Dieu et la Bible. L'après-midi, ils cuisinaient, faisaient le ménage ou jardinaient. Le soir, ces élèves pas comme les autres priaient pour des pays comme la Chine ou la Russie, "encore sous l'emprise du démon". La "carte spirituelle", c'est-à -dire la conception d'un monde divisé entre le "Bien" et le "Mal", est l'une des caractéristiques de Jeunesse en mission.
Après les trois mois de formation, les nouveaux venus sont censés mettre en pratique leurs connaissances lors d'un "stage à l'étranger". Martin l'a effectué en Inde. Puis il a travaillé en Suède et mis de l'argent de côté pour financer son séjour au bureau anglais de la secte. Les missionnaires ne perçoivent aucun salaire, ils s'autofinancent grâce à leurs économies et aux sponsors. Chacun doit créer son propre cercle de donateurs. Ainsi, Steve Johnson, le chef du mouvement en Hongrie, entretient les sept membres de sa famille "grâce à des dons". Quand la valeur du dollar était encore très forte, Jeunesse en mission a acheté une maison à Budapest, dans la rue Pauly Ede. Aujourd'hui encore, on peut y trouver le café de l'organisation, où se déroulent des cours d'anglais gratuits, des concerts et des conférences.
A 20 heures, dans le café de la secte. Une quarantaine de jeunes attendent l'entrée en scène de "Balázs le miraculé". Atteint d'un cancer, il semble aujourd'hui en pleine santé. Balázs est un guitariste virtuose. Il improvise puis raconte son histoire. Ses yeux brillent, son front brille de sueur. Il arbore un grand sourire, même quand il évoque ses tourments. Naguère, il n'était pas un bon chrétien, il ne pensait qu'à sa carrière. Jusqu'au jour où les médecins lui ont trouvé un cancer du foie. Opéré, il a perdu 25 kilos, ses cheveux sont tombés. Mais le miracle s'est produit. Aujourd'hui, il est en pleine forme. Les infirmières l'ont surnommé "Balázs le miraculé".
Les guérisons miraculeuses forment une partie importante de l'interprétation fondamentaliste de la Bible prônée par Jeunesse en mission. Au programme, aussi, la croyance sans compromis que Jésus est le "seul chemin véritable". Martin Axelsson devient nerveux quand on lui demande le positionnement de sa communauté par rapport aux autres religions : "Il n'y a qu'un seul chemin. L'islam est celui de l'ennemi. Mais Jésus aime tout le monde", affirme-t-il, "même Oussama Ben Laden."
Texte écrit par Srebrina Bognár, Cologne, pour Café Babel



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